Le Mas Maury ou Mas Maurin est situé sur le Causse Noir à 880 mètres d’altitude. Son nom lui vient de l’occitan Maur, mòr : brun, couleur brune dont le teint est semblable à celui de la peau « Brun comme un maure ». Peut-être son nom lui vient aussi de l’un de ses premiers propriétaires qui lui a donné son patronyme.

Pour s’y rendre, il faut prendre la D124 en sortant de Saint André de Vézines puis prendre au carrefour la D29 en direction de Lanuéjols. À 500 mètres environ sur la gauche s’ouvre un chemin qui mène au bout de 500 autres mètres au domaine qui nous intéresse aujourd’hui.

Le promeneur sera attiré par le charme de l’ensemble de ces bâtisses avec ses toits de lauzes : maison d’habitation, bergerie voûtée en berceau, four, grange, bâtiment agricole, puits, et puits-citernes toujours alimentés en eau. Seule la maison d’habitation a été restaurée en tuiles canal. Sur une haute porte rectangulaire, un linteau porte la date de 1868, année probable d’une restauration.

Date sur le linteau de la maison d’habitation.

La première mention du Mas Maury remonte au 26 novembre 1316, date à laquelle Berenger de la Roque seigneur du château de Montorsier reconnaît entre autres détenir le Mas Maury dans la paroisse de Saint André de Vézines (Arch.dép de Haute-Garonne), car avant d’être à la paroisse de Veyreau, le taillable de Luc, d’Alluech, et le Mas Maury était à Montméjean comme le mentionne le compois de 1665 : « Item un champ au terroir del Mas Maury » (Compois, folio 199). Le Mas Maury appartenait encore à Saint André au milieu du XIXe siècle : « Mas Maurin » (section B, n°265,266, cadastre 1840).

Le choix de son implantation lui vient probablement de sa proximité avec Saint Jean des Balmes, de sa source « Font del mas Maurin », (Cadastre Saint André de Vézines, section B, n°242, cadastre 1840), même si l’eau n’était pas suffisante pour faire boire toutes les brebis qu’on devait amener à la fontaine Saint Martin ; de la qualité de son sol dont on a extrait la pierre de taille si belle qui a servi pour la porte d’entrée de l’église de Veyreau en 1877 et qui vient de l’Arcounade et la croix du cimetière de Saint André de Vézines qui a été érigée en 1910 par Basile André, maçon dont « La pierre dit Rouquet avait été extraite au Mas Maury et dont il serait très difficile dans le pays de trouver des pierres semblables » (D’après le livre de paroisse).

La maison d’habitation avec son four (12 mars 2019).

Le Mas Maury était habité depuis au moins le XVIe siècle. En 1550, André Bénezech prêtre du Maynial achète deux pièces de terre au Mas Maury à Antoine Jonquet. Le 27 août 1557, il lègue à Bringuier Duran, son bon ami, pour ses bons secours, entre autres, les biens qu’il a au Mas Maury, à la charge imposée au dit Duran et à ses tenanciers de payer chaque an à tout jamais un setier froment aux prêtres de la paroisse de St Jean des Balmes. A cette époque Jean Libourel achète quant à lui la métairie du Mas Maury à Jonquet (17 janvier 1556, Boysset).

Chapelain de Saint Jean des Balmes, il y habitait le 6 avril 1560. Ce Jean Libourel originaire du Villaret avait légué 100 livres aux prêtres de Saint Jean pour célébrer une messe tous les vendredis de l’année avec clause expresse que led. Liborel son frère subrogerait lesd.prêtres en la jouissance et possession de la métairie du mas Maury par lui acquise de Jonquet. Les prêtres devaient donc se rendre sur « un sien devois appelé le Mas Maury ». En 1564, Antoine Delmas de la Vaysse (mas disparu), épousa Catherine Jonquet originaire du Mas Maury. En 1568, Libourel du Villaret marie sa fille à Robert habitant au Mas Maury. 200 l. de dot, flessade, linceul, 6 brebis et 2 chèvres (13 juin).

Avec le déclin de Saint Jean des Balmes, il semble que le Mas Maury fut déserté. La matrice cadastrale de 1850, (folio 407) ne signale qu’une bergerie. Peu après, une famille vint s’y installer, le chronogramme « 1868 » gravé sur le linteau semble l’attester.

Quelques recherches généalogiques le confirment : « Justin Baraille est né au Mas Maury le 20 juin 1874, fils de Laurens Baraille et de Parguel Josephine », « Marie Léonie Jonquet fille de Félix Justin Jonquet et de Marie Rosalie Causse est née le 10 novembre 1880 au Mas Maury ». En 1891, habitait la famille Arnal, dont le fils Constantin Clément né le 4 janvier 1893, fut tué lors des combats du 11 novembre 1914. Enfin, le Mas Maury devient la propriété de la famille Raphael dont Eudore était encore propriétaire en 1950.

Marc Parguel