Millau. Résister à la guerre sociale.

Des manifestants s'invitent aux vœux de l'hôpital le 17 janvier dernier.

De l’hôpital médian à la remise en cause de notre système solidaire de retraite… Résister à la guerre sociale.

Vendredi 17 janvier, nous étions plus d’une centaine –personnels hospitaliers, usagers, militants divers- à nous inviter à la présentation des vœux à l’hôpital de Millau. Que du bonheur ! Un directeur au sourire crispé, des élu(e)s coincé(e)s, les uns et les autres incapables de se faire entendre, d’étaler les banalités de leurs vœux. Les manifestants n’étaient pas venus pour les petits fours, mais pour dénoncer cette escroquerie d’hôpital médian, confirmée chiffres et expériences à l’appui, par l’association de défense des hôpitaux de proximité du Sud-Aveyron « Le Manifeste ».

Le coup est dur pour les chantres de cette coquille vide censée se substituer à la fermeture de nos 2 hôpitaux publics de Millau et Saint-Affrique, tellement dur que certains ont regretté en aparté, l’annonce prématurée d’Agnès Buzin accusée de parasiter la campagne des municipales. Autrement dit, cachons ce scandale à nos concitoyens, notre santé ne relevant pas du bien commun, mais du « fric Roi ».

La guerre sociale, menée par Macron et les siens contre nos hôpitaux publics, remet en cause avec brutalité notre système de retraite par répartition basé sur la solidarité. La riposte exemplaire des cheminots, rejoints par les enseignants, les agents hospitaliers, de nombreux salarié(e)s, soutenus majoritairement par nos concitoyens, a ébranlé l’arrogance du président des riches. Samedi 11 janvier, le 1er ministre a tenté une dernière manœuvre mensongère en adressant aux syndicats un courrier dans lequel il se disait prêt à revenir sur l’âge pivot. Il n’en fallait pas plus pour que les grands médias, par leurs chiens de garde du capitalisme, ne montent aux arbres pour saluer la victoire d’E.Philippe et de 2 syndicats coutumiers des renoncements et des trahisons. Ce matraquage s’accompagne d’insultes, de calomnies contre les autres syndicats, la CGT en tête qualifiée de terroriste, qualificatif employé sous l’occupation contre les résistants !

Le problème pour ce gouvernement, c’est que la vérité l’a vite rattrapé, et les mensonges d’État éclatent au grand jour. L’âge pivot n’a pas été retiré ; il porte le nom d’âge d’équilibre, et pourrait être retiré à la condition que les syndicats se mettent d’accord avec le MEDEF sous réserve que l’on n’augmente pas les cotisations patronales, que l’on ne taxe pas les exorbitants revenus financiers et que l’on renonce à l’égalité salariale homme/femme. Autrement dit, choisir la couleur de la corde avec laquelle les futurs retraités seront pendus. Laissons ce privilège au patron de la CFDT Laurent Bergé.

De fait, une étude du journal « Le Monde » démontre que l’âge pivot sera porté à 65 ans et 67 ans pour celles et ceux né(e)s après 1990 !…Le tout avec une baisse importante des pensions. Quant à la capitalisation, elle est encouragée dans le projet de loi afin de permettre aux fonds de pension, aux assurances privées de se goinfrer en siphonnant l’épargne populaire vers les marchés financiers. Ainsi, seuls les nantis pourront se payer une retraite convenable. Les autres, s’ils vivent encore, subiront la misère. Et pendant ce temps, les dividendes versés aux actionnaires battent tous les records ! On apprend que la France est attractive pour les grands financiers de ce monde, et ce malgré les grèves. Pour la grande banque américaine, J.PMorgan a déclaré : « avec Macron, c’est le moment d’investir en France » Pour créer des emplois ? Non pour bénéficier d’une précarité généralisée, pour semer la misère et réaliser un maximum de profit !

L’insurrection démocratique devient un devoir.

André Perez (PCF)