La traverse du Mûrier fait communiquer la place Claude Peyrot avec le boulevard de la Capelle. Ce nom du « Mûrier » est resté seulement à cette petite traverse, avec escalier, alors qu’autrefois la place et la rue Claude Peyrot portaient également le nom de place et rue du Mûrier.

Comme nous le rappelle Jules Artières : « Pendant longtemps, on avait dit : place et rue de l’Amourié, terme rouergat désignant le mûrier. Certainement, il y avait autrefois, selon l’usage d’ailleurs, un mûrier sur cette petite place, d’où son nom. » (Millau à travers les siècles, 1943).

La traverse du Murier.

C’est en 1887, que la municipalité voulant honorer les grands hommes de la ville transforma place et rue du Mûrier en « Claude Peyrot » (1709-1795) prieur de Pradinas écrivain qui avait chanté les travaux rustiques en occitan. Ne resta alors que la traverse portant le nom du mûrier. Ce nom d’Amourié est très ancien. Sur le livre de comptes du consul boursier de l’année 1426-1427, Il est question de faire des réparations à « l’escalié de l’Amourié, detras la Gleya ».

Les escaliers boiteux.

Ce n’était pas l’escalier qui montait au ciel, mais c’était cependant la voie directe pour se rendre à l’église Notre Dame de L’Espinasse. Il était bien fonctionnel au Moyen âge, dans le quartier de la fon (où se trouvait la place Mage (place Foch), l’église Paroissiale, le prieuré de Notre Dame, et le couvent des bénédictins). Dans ce quartier où l’on comptait 130 caps d’ostal (chefs de famille) vivaient de riches marchands dont 10 ont été consuls à plus de 40 reprises entre 1350 et 1400.

Direction boulevard de la Capelle.

Au XIXe siècle, elle reçut le surnom de Vólta Garela (bolto Gorelo). Son nom occitan signifie « La rue des escaliers boiteux ». En effet si les marches sont particulièrement usées, le caladage plus récent constitué de galets provenant du Tarn est très irrégulier. Une rampe a même été installée pour éviter toute chute. Cette traverse se présente comme un large escalier de pierre de 12 marches, dont la descente, un pied par marche, vous pourvoit d’une claudication inattendue…

Marc Parguel