Jérôme Rouve : « A Millau on va créer de l’activité économique, on va créer des emplois »

Jérôme Rouve, candidat aux élections municipales de mars 2020, tenait ce matin sa première conférence de presse après l’annonce de sa candidature le 14 octobre. Au menu, un gros morceau : la politique sur l'emploi qu’il entend mener avec les membres de son équipe, une fois aux manettes municipales.

« Si on a choisi de faire cette conférence de presse ce samedi matin, ce n’est pas par hasard, c’est parce que nous sommes à la fin du mois », a lancé Jérôme Rouve en guise de préambule.

« On a tendance à l’oublier, mais aujourd’hui à Millau il y a 2.500 familles qui sont confrontées au chômage, il y a des gens qui souffrent, il y a une partie de la population qui s’est paupérisée, et aujourd’hui, le grand combat que l’on veut mener, tous ensemble, sans histoire de droite et de gauche qui ne veut rien dire, c’est l’emploi et l’activité économique ».

« Mon ADN, c’est de créer des emplois, c’est de faciliter la création d’emploi et c’est encourager les gens qui ont envie de créer des emplois. C’est ce que je sais faire, et ce que je ferai à Millau, assure le candidat. On ne peut pas laisser à Millau 2.500 familles au chômage, ce n’est pas possible. Aujourd’hui, le sud Aveyron, c’est 5.000 chômeurs. Un taux de chômage à Millau de 9 à 10 %, alors que l’Aveyron est à 6,5 % et Rodez entre 5 et 5,4 %. On ne peut pas laisser Millau dans l’état actuel économique qu’il est aujourd’hui. Ce n’est pas normal que Rodez, une ville à 80 km de chez nous, qui n’a rien de plus que nous, arrive à avoir un taux de chômage deux fois moins élevé. Ça, c’est un combat politique et économique que je mènerai. »

C’est accompagné d’une partie de ses colistiers (Aurélie Alric, Jean-Louis Austruy, Yannick Caumes, Martine Cazes, Claire Douls, Christian Fabre, Valérie Gerbal, Bernard Paran) et de Jean-Louis Coulon que Jérôme Rouve a parlé de l’emploi, ce matin, à la brasserie Le Club.

A la question qui lui est posée de savoir avec quel moyen il entend mener cette politique économique, le Jérôme Rouve réplique du tac au tac :

« Le principal moyen, c’est être maire à 100 %. On ne peut pas être maire de Millau, président de je sais pas quoi, être à Toulouse, etc. Aujourd’hui, avec le travail qu’il y a à mener, être maire de Millau et de la communauté de communes, ce n’est pas un travail temps plein à 35h, c’est un travail temps plein à 70h. Ce n’est pas possible d’avoir d’autres mandats. Après, ce n’est pas le maire qui fait les emplois, mais c’est le maire qui favorise les emplois. Il faut connaitre le milieu économique, être réactif et faciliter les choses. Je veux créer des emplois à Millau, et je créerai des emplois à Millau. Je m’y engage, ce sera mon combat, ça sera du concret et ce sera à la minute. »

Conscient de l’ampleur de la tâche, l’actuel chef d’entreprises qu’il est n’entend pas pour autant « promettre la venue d’une entreprise de 500 emplois ».

« Si je promettais ça, je vous mentirais. Mais nous avons des entreprises qui sont déjà là et qui veulent se développer. L’élu, il doit accompagner les entreprises, c’est notre rôle. On ne peut pas imprimer des documents à 100 km de Millau, alors qu’il y a des imprimeries, on ne peut pas faire venir des maçons de Rodez alors qu’il y a des maçons à Millau. Mon leitmotiv, ce sera l’emploi à Millau, l’activité économique à Millau, avec les entreprises de Millau qui veulent se développer. Aujourd’hui à Millau, il y a des jeunes qui ont envie de créer des entreprises. Il leur manque simplement de l’attention, qu’on leur trouve des solutions et qu’on les mette en réseau. On ne peut pas gérer une ville en coupant des rubans et en laissant 2.500 familles au chômage. Ce n’est pas possible. »

Et d’évoquer les différents projets que lui et son équipe comptent mettre en place. Tout en égratignant parfois l’équipe en place…

L’hydrogène

« C’est fabriqué avec de l’eau – et en Aveyron on en a –, et des produits issus du monde agricole. Il y a des choses extraordinaires à faire », assure-t-il. « J’ai participé à un congrès sur l’hydrogène à Marseille. Du sud de la France, il y avait seulement deux villes représentées : Rodez (Bosch), et Millau par l’intermédiaire de Jérôme Rouve. Je veux que Millau soit une ville pilote dans l’hydrogène. Il faut que Millau voie devant, il faut que Millau pense à l’avenir et évolue. Et ce n’est pas dans les bagarres stériles de droite et de gauche du conseil municipal actuel qu’on évoluera. Aujourd’hui, il faut être force de proposition et travailler tous ensemble. »

« Développer le site du Puits-de-Calès »

« Une de nos priorités sera le site du Puits-de-Calès. Il faut le réinventer (Jérôme Rouve étant un défendeur de l’hôpital médian à Saint-Georges-de-Luzencon, NDLR). On va répondre à des besoins de demain, en lien avec la maladie d’Alzheimer. Avec le corps médical de l’hôpital, avec le corps médical de la ville, on va développer une activité pour demain sur le Puits-de-Calès. Demain, il y aura peut-être plus d’emplois que ce qu’il y a aujourd’hui. »

« Réinventer la sous-préfecture de Millau »

« Depuis quelques années, on travaille à côté des services de l’Etat. Moi je veux travailler main dans la main avec les services de l’Etat. Je veux recréer une sous-préfecture forte comme on a connu il y a 15 ans à Millau. On ne peut pas laisser sur le bord de la route une ville de 23.000 habitants sans services publics forts. Des services entiers sont en train de quitter Millau. L’Etat veut déconcentrer certains services, Millau doit prendre sa part de développement du service public. Je veux faire venir des gens de Rodez et trouver des solutions pour que la sous-préfecture de Millau soit fer-de-lance dans certains sujets. »

« Une attention particulière pour le personnel municipal »

« On ne peut pas manager une équipe de collaborateurs comme cela se fait aujourd’hui, déclare Jérôme Rouve. On ne peut pas être maire d’une commune et ne pas avoir plus de considération pour ses collaborateurs. Les gens doivent être écoutés, entendus, respectés. On ne peut pas dire « on va couper des têtes ». J’aurai une attention particulière pour le personnel municipal. »

Les associations

La ville de Millau étant riche de quelque 180 associations, Jérôme Rouve entend avoir « une écoute plus importante par rapport à ces gens-là », avant de prendre pour exemple les Restos du Cœur. « Quand on sait ce qu’il s’y passe au quotidien, quand on sait que le taux de personnes qui y vont a augmenté de 25 % cette année, que l’été il y a autant de monde pratiquement qu’en hiver, que les gens attendent sous une bâche en plastique payée par une entreprise de la commune, ce n’est pas digne d’une ville de 23.000 habitants. Aujourd’hui, on ne peut pas laisser des gens sur le bord de la route. »

« Il faut créer des emplois en lien avec l’insertion »

« Dans les 2.500 personnes qui cherchent un emploi à Millau, il y a des gens qui n’ont pas de voiture, des gens qui se lèvent en retard, des gens qui ne parlent pas français, d’autres qui sont différents de nous… Ces gens-là, on doit les aider, et c’est le rôle d’un maire. Nous avons un gros projet, et ce sera une grosse partie de notre mission dès le 23 mars ». Avant de lâcher quelques pistes : « l’économie circulaire », « la création d’emploi en lien avec les emplois verts », « l’économie sociale et solidaire »… « Et toujours en lien avec les structures existantes, le milieu économique et le milieu associatif ».

« Moi maire de Millau, demain je m’engage à développer l’activité cuir »

« Aujourd’hui, que faisons-nous pour le cuir à Millau ? » demande le candidat Rouve en sortant des coupures de presse. « Le Périgord, c’est 500 emplois créés dans le cuir. L’Eure, c’est 250 emplois créés dans le cuir », peste-t-il. « Aujourd’hui, la filière française du cuir est en pleine évolution. Il y a même des moyens financiers, c’est une filière en devenir. Les acheteurs français de ces produits-là veulent acheter français. Les grands groupes veulent investir en France et recréer de l’emploi en France. Chanel a des projets, Hermès a peut-être des projets, aujourd’hui on doit redévelopper le cuir à Millau. Ça va de la formation à la fabrication en passant par le luxe, le tourisme industriel, etc. Citez-moi une ville en France où on a le cuir, le Roquefort, la laine et le Larzac ! Le cuir à Millau, c’est une pépite. Moi maire de Millau demain, je m’engage à développer l’activité cuir à Millau. Je veux que Millau retrouve la splendeur qu’il avait auparavant. »

« Je veux que Millau soit le fer de lance du tourisme dans l’Aveyron »

« Quelle région de France a les cités Templières, le Larzac, le Viaduc, Roquefort, le cuir et les paysages ? Millau doit redevenir une destination. Pour ça, on doit réinventer Aveyron Côté Sud. Aujourd’hui, l’office de tourisme de Millau doit prendre le leadership pour tout le sud Aveyron, en lien avec Roquefort, les cités templières, Sylvanès… »
Toujours dans le secteur du tourisme, Jérôme Rouve et son équipe veulent réussir à faire venir l’Agence départementale du tourisme à Millau. « Le CDT (Comité départemental du tourisme) qui s’appelle ADT aujourd’hui sera à Millau. Une fois de plus, on se fait damer le pion par Rodez, qui, avec le musée Soulages, est en train de nous passer devant. Ce n’est pas normal. Je veux que Millau soit le fer de lance du tourisme dans l’Aveyron. Et Millau en étant destination touristique créera des emplois dans le tourisme et toutes les activités parallèles. »

La méthode Rouve

« Quand je serai maire de Millau, la première chose que je ferai c’est d’aller voir l’opposition et lui demander que l’on travaille tous ensemble. On doit arrêter les conflits. C’est comme ça qu’on fera diminuer le chômage à Millau », assure le candidat, en affirmant qu’il se consacrera « à 100 % à Millau ».

Dans mon équipe, personne ne veut être député, personne ne veut être conseiller régional, personne ne veut être conseiller départemental… On veut être à 100 % pour Millau. La seule chose qui nous anime, c’est Millau demain et l’avenir de Millau.

« Les idées on les a, les réseaux je les ai, l’envie on l’a, j’ai des compétences avec des gens avec moi qui sont extraordinaires, j’ai une liste forte, compétente et qui a envie. A Millau on va créer de l’activité économique, on va créer des emplois, on va rendre Millau une ville d’avenir ».

« Notre liste c’est l’union avant tout, une liste de gens très compétents, très engagés, avec beaucoup de bienveillance et beaucoup d’expertise. Des gens de tous horizons politiques : verts écolos, de la famille de droite, de l’ancienne droite, de la gauche, d’En Marche, centristes et sans étiquette. Je suis très impressionné par le travail qu’ils font. Aujourd’hui, ils sont en train d’écrire notre programme, une ou deux réunions par jour, des visites… On va être soutenus par En Marche, et les Radicaux de Gauche. Ce qui nous anime, c’est qu’il n’y a pas de clivage droite – gauche. Pour certains, je ne connais même pas leur famille politique. Les gens travaillent. Rien n’est décidé, le but d’est pas d’être premier adjoint ou deuxième adjoint, le but c’est Millau, Millau, Millau… »

Une liste qui, même si elle est aujourd’hui bouclée, ne sera présentée qu’au mois de janvier.


La carte Jean-Louis Coulon

Jean-Louis Coulon, ancien conseiller général, « qui a fait un travail énorme dans le social, le Jardin du Chayran, le monde agricole, le monde associatif », était présent ce matin lors de la conférence de presse. Même si son nom ne fait pas partie de la liste Millau Demain.

« Jean-Louis va m’aider à prendre en compte la démocratie participative, explique Jérôme Rouve. Aujourd’hui on se rend compte qu’on peut plus gérer une ville comme Millau tout seul, en ayant raison et en faisant des caprices en tapant des pieds, on est obligé d’écouter les gens, obligé de prendre le pouls des associations, des uns et des autres… »

Pour cela, Jean-Louis Coulon a eu l’idée, « que l’on va mettre en place de suite après les élections », de créer un Conseil économique, social et environnemental. Les gens qui y siègeront seront des bénévoles.

Il sera composé de cinq collèges :

  1. Les jeunes de Millau. « On veut qu’ils puissent prendre davantage la parole et qu’ils puissent dire ce qu’ils souhaitent pour l’avenir de Millau ».
  2. Les associations. « Le tissu associatif est développé, fort, incluant, avec des idées, et fait un travail extraordinaire ».
  3. Le collège économique, avec des chefs d’entreprise de l’artisanat, du commerce et de l’agriculture.
  4. Les organisations syndicales. « Aujourd’hui, on ne peut pas se passer de dialogue social ».
  5. Un collège d’experts et de personnes qualifiées. « On souhaite que les seniors soient fortement représentés ».

Ce groupe de cinq collèges sera consultatif et sera chargé d’être « source de propositions et d’efficacité ».

« C’est une idée intéressante pour amplifier une équipe municipale, faire le point par rapport aux promesses qui auront été faites et faire des propositions. Si j’accepte de faire partie du projet, c’est pour mettre à disposition des Millavois toute mon expérience », explique Jean-Louis Coulon, qui est à l’origine de la création, par exemple, de Tremplin pour l’Emploi et du Jardin du Chayran.