Millau. Les professeurs d’enseignement théâtre en grève

[MAJ 12:50 : Après concertation les professeurs ont annulé la grève]

Depuis 34 ans que les enseignements théâtre existent dans les lycées, les bienfaits du théâtre ne sont plus à prouver : il développe la créativité, favorise l’appropriation d’une culture et permet de construire une relation active avec le monde.

C’est aussi un moyen par lequel enseignants et les artistes partenaires visent à former non seulement les artistes et spectateurs de demain, mais surtout des citoyens capables de penser et de prendre la parole.

L’enseignement du théâtre parce qu’il engage la confiance en soi et en l’autre et parce qu’il fait appel à des compétences différentes des autres cours (corporelles notamment) est aussi un outil de remédiation aux difficultés scolaires de certains jeunes qui reprennent sur le plateau le goût d’apprendre et de s’investir.

Aujourd’hui nous tenons à vous faire part de nos inquiétudes face aux conséquences induites par la réforme des lycées sur l’enseignement du théâtre et face au « flou » entretenu par les ministères qui encadrent cet enseignement : L’Education nationale et la Culture.

A deux mois de la rentrée scolaire, nous déplorons les contradictions qui apparaissent dans la mise en œuvre de ces enseignements alors même que les établissements ont procédé à l’offre depuis plusieurs semaines et que les élèves de troisième en ont fait la demande sans aucune garantie du financement du partenariat entre enseignants et artistes, partenariat fondateur et réglementaire pourtant.

De même, les informations fournies par chaque lycée manquent de cohérence et de démarche claire concernant les dérogations, ce qui ajoute de la confusion à l’ensemble. Nous ne savons pas si les classes d’options facultatives seront maintenues ni comment les intervenants artistiques pourront être rémunérés en classe de seconde…nous ne savons pas non plus si tous les élèves souhaitant s’inscrire en spécialité théâtre en première pourront le faire…

Voici les points qui nous inquiètent et que nous soumettons au rectorat de Toulouse et à la Drac depuis des semaines sans qu’on daigne nous répondre.

  • Nous souhaitons le maintien du partenariat entre Education Nationale et Culture pour les enseignements de spécialité et optionnels existants dans le cadre de conventions triennales.
  • Nous demandons le renouvellement, au plus tôt de conventions de 3 ans pour garantir le fonctionnement des enseignements du théâtre et assurer un minimum de stabilité pendant la période probatoire.
  • Nous demandons que les élèves ayant choisi la spécialité théâtre en première puissent suivre cet enseignement dans de bonnes conditions et pour cela que l’augmentation des effectifs soit prise en compte en dédoublant les classes sur l’enseignement de pratique au-delà de 16 élèves.
  • Nous demandons que les artistes soient rémunérés par la DRAC : dès la seconde, et par là même garantir le même partenariat pour les enseignements optionnels de seconde qui devraient ouvrir suite à la réforme ; dans le cas d’un dédoublement de classe.

Parce qu’à ce jour nous nous heurtons encore à un mur de silence, nous nous déclarons en grève à partir du 2 juillet, nous rejoignons ainsi un mouvement de lutte contre une réforme rouleau compresseur qui met en péril l’avenir de vos enfants.

Le collectif des enseignants et partenaires
des enseignements du théâtre de l’académie de Toulouse