Direction l’aire de vision du Cap de Coste cette semaine, sur les corniches du Larzac où l’œil embrasse un magnifique point de vue. Nous allons faire un détour en contrebas sous la falaise du cirque du Boundoulaou où une grotte bien dissimulée apparaît.

Elle s’ouvre dans les premières falaises du causse, au sud de la piste d’envol des deltaplanes.

Entrée de la cave.

Elle est appelée « bergerie » par les locaux. Pourtant tout dans son apparence et dans son aménagement, ne laisse guère place au doute, il s’agit bien d’une grotte aménagée en cave à fromage (bauma bastarda) et non une bergerie.

Celle-ci mesure une trentaine de mètres de long sur 4 à 5 mètres de large. Le sol, qui à première vue n’était pas régulier a été aplani et entièrement pavé, mais le caractère instable de ce remplissage a provoqué un effondrement et creusé un trou impressionnant laissant passer le jour sous la falaise au fond de la cavité.

C’est peut-être cette instabilité du sol et les violents courants d’air qui circulent dans la galerie, les jours de grand vent qui ont fait abandonner ce site, avant même peut-être son exploitation, car aucun document d’archives ne nous renseigne sur son aménagement énigmatique.

Intérieur de la cave.

On y pénètre par une porte de 2 mètres de large, ouverte au milieu d’un grand mur bâti qui barre l’entrée. Sur le cadre de la porte, faisant face à un gond rouillé, on peut voir une croix gravée avec une inscription H et un triangle (symbole des religions trinitaires ? ou marquant la signature du tailleur de pierre ?) dessiné sur sa gauche.

Il est possible aussi que les signes en forme de croix et de triangles soient des survivances, christianisées, des croyances anciennes, et que leur véritable signification soit d’écarter des édifices, la foudre et autres mauvais sorts.

Signes gravés sur le cadre de la porte.

Au-dessus, à trois mètres de hauteur, une fenêtre munie de trois barreaux de fer est surmontée d’un arc de décharge en V renversé.

De mai à octobre, la traite journalière donnait lieu à la fabrication du fromage sur place. Pour les troupeaux importants, il fallait un lieu approprié pour la fabrication certes, mais également pour l’affinage et la conservation avant qu’on les descende dans la vallée, ou bien qu’on les achemine chez le propriétaire du troupeau. La proximité d’un point d’eau, en l’occurrence la lavogne de Brunas était indispensable.

La lavogne de Brunas.
Vue prise du fond de la cave.

L’orientation de l’abri sous roche, dont l’entrée s’ouvre plein sud, sa profondeur, sa proximité avec le hameau de Brunas furent déterminant pour y établir une cave.
Ceci ne se fit pas sans difficulté. Il fallut construire un imposant mur sur la pente pour créer un terre-plein et établir un chemin pour y parvenir à flanc de coteau.

On pava la totalité de l’abri sur trente mètres, et pour que l’air circule, on perça en pleine falaise une fenêtre au fond de la grotte.

La fenêtre.
Vue depuis la fenêtre.

Ceci étant, aucun document ne nous est parvenu relatant cette édification.
En longeant le mur, un chemin part sur la gauche, il amène à un deuxième abri aux dimensions plus modestes.

Marc Parguel