Patrimoine millavois : En route avec Zef Express

Populaire dans les années 1960, le car « Zef express » évoque pour bon nombre de Millavois, le temps des vacances et des sorties.

C’est grâce à une initiative de l’abbé Sinègre, vicaire au Sacré Cœur que l’on doit l’acquisition de ce véhicule relativement ancien, un car Delahaye acheté d’occasion, par le biais d’une collecte d’argent lancée sur la ville de Millau.

Illustration « Les cars Delahaye, publicité de 1946 ».

Le car fut acheté au début de l’année 1962, et il fallait lui donner un nom. On reprit alors les initiales de trois titres de journaux enfantins de l’époque : Zéphyr, Euréka, et Finette et la devise devint « Z.E.F. Express au service des jeunes de Millau ».

Sous la direction de Jean Marie Got, des jeunes aidèrent l’abbé Sinègre à poncer le véhicule déjà avancé en âge, dans un garage chez Valette, avenue Jean Jaurès, avant la mise en peinture.

C’est le 12 mars 1962, que fraîchement repeint aux couleurs millavoises sang et or, Zef descendit de la Cavalerie et vint faire son domicile, dans une ancienne étable ou remise de l’avenue Martel.

Un des premiers voyages que fit l’abbé Sinègre, fut en direction de Curières, village proche de Laguiole, et puis il roula, roula, allant à Ars, à Lyon. C’était le temps de l’insouciance, pas de ceinture de sécurité dans ce véhicule, de grandes baies vitrées qui s’ouvraient entièrement. Pas ou peu de chauffage à l’intérieur de sa carcasse. Quand il n’y avait pas assez de places assises , on ajoutait des caisses pour se poser. Certains vous diront que dans les côtes, on devait le pousser, d’autres diront que chaque fois que le curé changeait de vitesse ou qu’il freinait les vitres tremblaient.

Carte à système (1965).

Durant plusieurs années, sa vaillante mécanique véhicula des cargaisons de jeunes, par monts et par vaux, l’hiver à la neige (Journée à l’Espérou ou vers Curières), l’été en sorties de vacances (les jeudis à Laguiole, des journées à la Salvage), pèlerinages (Lourdes) et autres rallyes.

Carte postale de Norbert Verdié.

Puis le temps fit son œuvre et le car déjà bien éprouvé par les années avança lentement vers la ferraille, tandis que l’abbé Sinègre quitta Millau pour la région parisienne où ses parents vivaient.

Reste le souvenir d’un véhicule devenu mythique pour toute une génération de Millavois, pour qui « Zef express » évoque avant tout le temps de la jeunesse et des éclats de rire.

Marc Parguel