Millau. Anne Sarda nous emporte dans un voyage universel

Après le très beau concert des chorales Chanlibre et Poly'Songs donné mardi au profit d'une association de soutien aux migrants, notre voyage sur les Chemins de l'Exil, entamé le 15 février dernier dans le cadre du projet de commémoration des 80 ans de la Retirada, se poursuit.

Vendredi soir à l’Hôtel de Tauriac (place du Beffroi) a eu lieu l’inauguration de l’exposition d’Anne Sarda « L’infini Voyage du Petit Peuple » qui nous parle de l’exil, de l’exode, des migrations, des réfugiés, de la fragilité de l’homme, du respect de l’humain, de la solidarité, de la vie, de notre histoire…

Anne Sarda, née en 1964 à Narbonne, est sensibilisée très jeune aux Arts plastiques et réalise ses premiers collages et mobiles dès son enfance. Au sortir d’une formation technique supérieure qui l’orientait d’abord vers l’organisation et la médiation culturelle qu’elle exerce quelques années, elle revient à sa passion première et s’y consacre entièrement.

(Photo : © Gérard Rouquette)

Tout en posant pour différents artistes sculpteurs ou photographes, elle expose dès lors régulièrement collages et mobiles à partir de 1995, alternant pendant 5 ans expositions personnelles et manifestations collectives.

(Photo : © Gérard Rouquette)

Après une courte interruption, passionnée par l’écologie et engagée, elle se tourne définitivement vers les installations « in situ » qu’elle multiplie jusqu’à aujourd’hui dans toute la France et à l’étranger. Parallèlement, elle poursuit un travail d’illustration et d’édition, et des interventions pédagogiques régulières.

Cela fait 15 ans qu’Anne Sarda prend soin de ce « Petit Peuple », cherchant à rendre visible l’invisible, à donner du sens à l’insignifiant.

Morceaux de bois mort et flotté, ils portent en eux l’histoire de l’arbre, des racines communes de l’humanité, l‘histoire des hommes, de tous les peuples. Tombés, roulés, ballotés, de la rivière à la mer… après un long voyage.

Ils s’échouent sur nos plages, rejetés par la mer, souvent piétinés, déracinés. Grâce au travail d’Anne Sarda, ces silhouettes se relèvent, se mettent en marche, deviennent des personnages exprimant souffrance, mais aussi espérance d’un avenir meilleur.

(Photo : © Gérard Rouquette)

« L’infini Voyage du Petit Peuple » est une installation poétique et vibrante qui emporte le public depuis les rivages de la mer dans un voyage universel au rythme de son ressenti et de son imaginaire. Elle offre un spectacle qui explore la force et la fragilité de l’humanité. Anne Sarda aime créer « un grand tout avec des petits riens ». Elle s’attache ainsi à rendre « l’évidence que l’on ne voit plus, l’évidence de la simplicité ».

Effectivement, avec simplicité, sensibilité et élégance, Anne Sarda raconte cette histoire de l’Exil qui se répète, pour lutter contre l’oubli, en espérant qu’un jour, peut-être, ce Petit Peuple ne soit plus forcé de partir pour l’infini Voyage.

À voir jusqu’au 16 juin. Entrée libre du mercredi au dimanche de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h.