La tour des Aiguilhon (commune de Cornus, Causse du Larzac)

A quelques kilomètres au nord du village de Cornus se trouve un site célèbre par son nom, bien connu des touristes de l’endroit, appelé « la tour des Aiguilhon », à ne pas confondre avec la tour qui porte le même nom dans le village. Pour s’y rendre, il faut partir de la ferme du Viala où autrefois il y avait une colonie de vacances, et cheminer pendant une demi-heure.

De la route on discerne la ruine qui se démarque dans le paysage. Proche du point géodésique, au sommet de la côte 808, on aperçoit l’emplacement d’une construction limitée par quelques pointements dolomitiques et, plus loin, sur un rocher isolé, au milieu d’un lapiaz, cette forteresse qui domine, à 815 mètres d’altitude, la partie sud du Larzac.

Ce haut lieu mérite bien une visite, car de là, le panorama est impressionnant. Au-delà de son rôle de forteresse, cette construction massive servit sans doute comme poste d’observation, vu son emplacement dans ce lieu stratégique. En effet, elle devait contrôler un embranchement du chemin de la Rouge, bifurquant vers Cornus qui, lui, surveillait la voie principale. Dans les guides touristiques, est mentionné : « sa base toujours existante sert de signal trigonométrique sur le Larzac ».

On ne connaît pas bien son histoire. L’ensemble du bâti semble remonter au moins au XIIe siècle. Il était nommé, en 1348 « fortalicium d’En Aguilho », « forteresse de sire Aiguilhon ». Selon André Soutou « Cette tour offre, un bon exemple de ces forteresses primitives, qui sont essentiellement constituées par une éminence rocheuse aménagée. Ici le donjon, cœur de la défense, est juché sur un piton calcaire pratiquement inaccessible, sans échelle, ce qui explique, par ailleurs, qu’il n’ait pas encore été complètement démoli… Son nom lui vient de la famille qui le possédait au XIVe siècle. » (Le Larzac autour de la Couvertoirade, plaquette).

Le même auteur détaille ainsi le donjon  : « Il a encore gardé son entrée primitive, avec son arc en plein cintre, bâti en retrait sur les pieds droits suivant un procédé technique, qui utilise un arc de bois provisoire, destiné à mettre en bonne place les claveaux constituant l’arc de pierre définitif ; ce procédé était couramment employé pour la construction des voûtes de même forme dont le départ est souvent marqué par un semblable épaulement ». L’ensemble domine la région.

L’historien Alexis Monteils (1769-1850) dans son livre, « Description du département de l’Aveyron », nous dit que les environs de Cornus sont assez bien cultivés. Ils abondent, écrit-il, en fourrage de très bonne qualité. On les transporte jusqu’à Lodève. Le territoire de la commune de Cornus offre, sur beaucoup de points, une marne d’un gris bleuâtre, mélangée de bellenites (coquilles fossiles à forme de dard), de cornes d’ammon (ammonites) ou coquilles en spirales et fossiles, et d’autres débris de corps marins.

Marc Parguel