Prix des carburants : « Ce que fait le gouvernement est injuste et malhonnête »

L’envolée des taxes sur les produits pétroliers est un vrai sujet de préoccupation pour nous tous qui étudions, élevons nos enfants, vivons, travaillons, vieillissons dans le monde rural.

En Aveyron, la voiture reste le seul moyen de se déplacer au quotidien pour la quasi-totalité des habitants.

Le diesel – tant vanté par les pouvoirs publics jusqu’il y a peu et si décrié aujourd’hui – demeure la technologie qui correspond aux longues distances que nous parcourons, et de la survie d’un des fleurons de notre économie départementale qu’est l’usine Bosch d’Onet-le-Château.

Le moteur thermique est aussi le cœur de métier du maillage de garagistes qui émaillent nos communes et les font vivre.

Le défi du désenclavement routier n’est d’ailleurs pas encore achevé et nous nous battons, en particulier pour l’achèvement de la mise à 2×2 voies de la RN 88.

Ce que font le gouvernement et la majorité actuelle est injuste et malhonnête :

Injuste parce que le procès moralisateur qui est fait aux utilisateurs de véhicules diesel fait fi des réalités scientifiques : les moteurs modernes sont respectueux de l’environnement et n’ont rien à voir avec ce que l’on décrit.

Injuste parce qu’on ne peut pas prétendre inciter les Français à des choix de transition lorsqu’on ne leur offre aucune solution valable : que doivent faire les Aveyronnais et les Français de nos territoires ? Prendre le métro, le tramway, le train ? Acheter des voitures électriques qui ont une autonomie inférieure à la traversée de notre département où les bornes de recharge sont encore rares ? Quitter nos campagnes et nos villes moyennes pour aller vivre dans les grandes agglomérations bien plus polluées ? Quelles réponses le gouvernement donne-t-il à ces questions pourtant si légitimes ? Aucune. Ni maintenant sur le terrain, alors que la crise gronde, ni depuis des mois à l’Assemblée nationale où je n’ai eu de cesse de démontrer ces incohérences à chaque fois que j’ai pu en avoir l’occasion. C’est profondément injuste.

Malhonnête parce que – contrairement à ce qu’on tente de laisser entendre –, l’effort fiscal sans précédent que les Français subissent ne sert pas à financer la « transition énergétique ».

Le budget du ministère de l’Écologie pour 2019 n’augmente pas significativement. Aucun plan n’est prévu pour assurer le devenir de nos déplacements dans le monde rural. Aucune décision ne se profile pour la définition d’une vraie politique d’aménagement du territoire.

Malhonnête enfin parce que – malgré nos demandes incessantes – le gouvernement ne nous fournit aucune donnée sérieuse ni fiable sur la réalité du coût environnemental du moteur électrique. Aucune étude sur les effets de la surproduction électrique. Aucun élément sur le devenir des batteries usagées. Aucune donnée sur les autres alternatives (hydrogène, hybride…)

A l’heure où notre industrie automobile, nos réseaux de service après-vente, nos entreprises de travaux publics frappées par l’incompréhensible suppression dès le 1er janvier 2019 du Gasoil Non Routier pour leur consommation, et toute notre économie sont durement et durablement touchés par l’incroyable surdité du gouvernement à nos arguments de bon sens, ce sont des citoyens – baptisés « gilets jaunes » – représentant tous les Français las de ces prises en otage fiscales de masse –, qui organisent l’expression du ras le bol et des actions nationales.

Je salue leur courage et leur détermination et respecte au plus haut point l’inspiration citoyenne et apolitique de ce mouvement et leur désir d’éviter toute récupération auquel je souscris.

Au cours des derniers mois, j’ai tout fait pour faire valoir dans tous les débats parlementaires nos points de vue de bon sens, sans esprit ni clivant ni opportuniste. Je poursuis ce combat de notre monde rural sans relâche. Ce qui est en jeu, ce sont nos modes de vie, nos choix de vie, notre économie, notre vision du monde rural. Nous sommes les premiers défenseurs de la richesse de notre environnement et avons souvent permis l’équilibre avec les écueils des zones plus densément peuplées. Il est inacceptable qu’on nous prive des moyens de nos déplacements et de notre développement sans alternative.

Arnaud Viala,
Député de l’Aveyron