Exposition : « L’Aveyron et les Aveyronnais durant la Grande Guerre »

« L’Aveyron et les Aveyronnais durant la Grande Guerre », c’est plus qu’une exposition, c’est un véritable itinéraire mémoriel comprenant 11 étapes matérialisées en 11 panneaux, qui vous est proposé jusqu’au 29 novembre à l’Espace Culture, dans les jardins de la mairie. Cette exposition a été constituée par Marie Llosa, chargée de mission auprès de l’ONAC-VG pour le Centenaire.

1. Les régiments et les combattants C’est le 2 août 1914 que les Aveyronnais entendent les cloches sonner pour annoncer la déclaration de la guerre. L’ordre de mobilisation générale pour les hommes de 18 à 45 ans a été décrété la veille. A la mobilisation, chaque régiment d’active crée un régiment de réserve dont le numéro est le sien plus 200. Ainsi dans Aveyron, le 322e régiment d’infanterie est constitué avec les bataillons de réserve du 122e régiment d’infanterie cantonné à Rodez. Le 122e RI quitte Rodez les 5 et 6 août 1914, suivi par le 322e le 9 août en présence d’une foule énorme qui accompagne les soldats de la place d’Armes à la gare…

2. Les Aveyronnais au front S’il ne fallait retenir que quatre noms…
Paul Ramadier est mobilisé en 1914 comme sergent au 122e RI. Au front, il prend des notes du 15 août jusqu’au 11 novembre 1914, jour de sa grave blessure à Ypres. Ces notes sont éditées dans le recueil « Carnets de guerre » qui a été publié en 2004 par la Revue du Rouergue. Gustave Garrigou, vainqueur du Tour de France en 1911. François Fabié, qui rend hommage aux 94 enseignants tués et aux 17 disparus dans le poème intitulé « La Suprème Leçon » qui préface « Le Livre d’Or des Maîtres Aveyronnais »… L’abbé Bessou, décédé quelques jours avant l’armistice, le 29 octobre 1918. Durant toute la guerre, l’abbé Bessou a fait paraître dans « La Revanche », journal de Villefranche-de-Rouergue, 170 poèmes intitulés les « Laissous de guerro » qui sont de véritables réquisitoires contre la guerre.

Le maire de Millau Christophe Saint-Pierre a salué « cette volonté de garder vive la mémoire de ces hommes et de ces femmes qui sont allés combattre en pensant que les choses seraient rapides…»

3. Des hôpitaux temporaires en Aveyron Du 2 août au 31 décembre 1914, près de 800.000 blessés et plus de 300.000 malades en provenance du front doivent être pris en charge. A la déclaration de guerre, il n’y a qu’un seul hôpital à Millau qui peut accueillir les blessés de guerre : l’Hospice civil et mixte, situé au 48 boulevard Richard. En raison du nombre important de blessés qui arrivent du front, il va être rapidement créé trois « hôpitaux auxiliaires », les HA.

4. Les Aveyronnaises dans la Grande Guerre Après le départ des hommes, dans l’Aveyron comme dans toute la France, les femmes doivent les remplacer dans tous les domaines, dans toutes les tâches pendant toute la durée de la guerre.

Il y avait beaucoup de monde, mercredi soir, à l’occasion de la présentation de cette exposition qui est visible jusqu’au 29 novembre. (Photo : © Gérard Rouquette)

5. Les œuvres de guerre Dès le début de la guerre, la Croix Rouge va assurer d’août 1914 à juillet 1915 la majorité des soins aux soldats blessés et malades, car les trois sociétés qui composent la Croix Rouge (Société française de Secours aux Blessés Militaires, Union des Femmes de France et Association des Dames Françaises) se préparent depuis des décennies à soutenir le Service de Santé de l’Armée.

6. Les prisonniers de guerre français en Allemagne Entre 1914 et 1918, 540.000 soldats français sont faits prisonniers. Internés dans les Oflags, les officiers sont dispensés de travail. Par contre, les sous-officiers et les hommes de troupe qui sont détenus dans les Stalags sont obligés de travailler. Dans ces camps, les conditions de vie sont très dures. 25.000 prisonniers sont morts en captivité.

Sophie Thévenin et sa fille Victoria, en habits d’époque. Ces deux Millavoises entendent pérenniser le souvenir des gantières qui ont vécu la souffrance et la privation pendant la guerre en créant l’association « Mémoires de Femmes » (Photo : © Gérard Rouquette)

7. Vivre en temps de guerre en Aveyron Un paragraphe de ce panneau traite des prisonniers civils et militaires détenus dans le sud de la France, mais dans les départements envahis par l’armée allemande, des civils, hommes et femmes, quelquefois avec leurs enfants, sont internés en France ou déportés en Allemagne.

8. Des entreprises œuvrent sur le front économique La guerre crée rapidement des conséquences néfastes sur l’économie française. A Millau, c’est l’industrie gantière évidemment qui est durement touchée. En août 1914, il y a environ 800 gantiers et 3.000 gantières…

Sophie Thévenin (arrière-petite-fille de Jules Dorey, un Poilu qui a survécu à la Grande Guerre) et sa fille Victoria présentent dans une vitrine divers objets d’époque : gamelles, graisses à cirer les chaussures et nettoyer les fusils, capsule de grenade à manche, magazines, papier à lettres d’époque, livres d’école…

9. Des Aveyronnais au cœur du conflit Comme le propose ce panneau, il est important de revenir sur le rôle joué par le général de Castelnau et par Monseigneur Ginisty, évêque de Verdun pendant le conflit.

10. Les monuments et le souvenir de la guerre Réalisé par Emile Vigarié, le Livre d’Or de l’Aveyron reprend près de 15.000 fiches de soldats tués ou disparus pendant le Grande Guerre. 371 monuments aux morts ont été érigés dans le département de l’Aveyron. Des sculpteurs ont mis leurs talents au service du souvenir : Denys Puech, Auguste Verdier, Joseph Malet…

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11. Honorer la mémoire
1.400.000 soldats sont morts pendant la Grande Guerre. Pour les honorer, la République a conçu un triptyque qui respecte la règle des trois unités de la tragédie classique : unité de temps (le 11 novembre), unité de lieu (le monument aux morts), unité d’action (la cérémonie commémorative). Dimanche 11 novembre à 11h, venez nombreux au parc de la Victoire pour vivre cet ensemble tragique.