Millau. Du théâtre déambulatoire autour de paroles de détenus

Vendredi 16 novembre à La Fabrick, l'ASSA de Saint-Affrique propose "Parloir(s)", un spectacle déambulatoire autour de paroles de détenus, mis en scène par Vincent Dubus. Ouverture des visites de 20h30 à 22h45.

Selon les circonstances, le terme de « Parloir » désigne un espace, un moment ou des personnes. Le « Parloir » est un espace plus ou moins délimité, il désigne également un temps donné. C’est à partir de ces contraintes fortes que nous avons choisi cette année d’imaginer une forme théâtrale particulière à mi-chemin entre dehors et dedans.

Envisagé sous l’angle de l’espace, le parloir apparaît d’abord comme un espace ambigu ; il est le lien où les visiteurs (le public), font l’expérience du « dedans », et où les détenus « (les comédiens) sont le plus près de la liberté, (le « Dehors »).

Les visites sont en effet conditionnées par l’obtention d’un permis délivré soit par un juge d’instruction (pour les personnes prévenues), soit par un chef d’établissement (pour les personnes condamnées). Malgré la multiplicité des moyens de réservation, la prise des rendez-vous est souvent longue.

Arrivés sur le domaine pénitentiaire, les visiteurs évoquent souvent la peur et l’anxiété produites par le lieu : les miradors, les enceintes, mais aussi les cris des détenus. La vue des murs et cette proximité avec la détention créent souvent la sensation d’être déjà avec l’autre, dedans. En prison, tout se passe sous le regard des autres, du personnel et des codétenus notamment. Le manque d’intimité au parloir est ainsi souvent autant dû à la présence des autres détenus qu’à celle des surveillants.

La peur, la soumission aux ordres des personnels et les formes de déconsidération subies s’apparentent à une expérimentation du sort des détenus, d’autant que les visiteurs se retrouvent réellement enfermés, dans les salles d’attente et/ou dans les box des parloirs, ce qui provoque parfois des crises de claustrophobie parmi les visiteurs « inexpérimentés ».

Le parloir est l’épreuve de la liberté pour les détenus, car il permet de s’extraire, au sens propre comme au figuré, de la détention. Mais les proches évoquent souvent les effets ambigus de leurs visites. En apportant dedans « l’air du dehors » à celui qui en est privé, on risque de le frustrer davantage. En venant au parloir, on fait du bien et du mal. Le parloir déborde sur la vie quotidienne des détenus et des visiteurs, avant la visite elle-même (on s’y « prépare »), comme après (on s’en « remet »).

Les détenus et leurs visiteurs se disent souvent déstabilisés par les premiers instants du parloir. Attendu, fantasmé, le temps du parloir n’est pas naturel. Déjà, il faut un laps de temps pour que chacun se retrouve dans un monde commun et déjà sonne la fin de la visite. On voit moins de larmes au parloir qu’à la sortie ou à proximité des prisons.

Le parloir est un condensé des liens entre les personnes, on y apprend les naissances, les décès, on y fait connaissance des nouveau-nés, on y tombe amoureux, on s’y déchire, comme dans nos vies ordinaires, mais de façon plus concentrée… Les visites du public seront autorisées à partir de 20h. Exceptionnellement les portes resteront ouvertes… pour libérer la parole.

A partir de 12 ans. Participation libre (au chapeau). Contacts, réservations : La Fabrick – Cie Création Ephémère, 9 rue de la Saunerie à Millau. Tél. : 05.65.61.08.96. Email : cie.ephemere@wanadoo.fr | www.creation-ephemere.com