Millau : Quelle fonction donner à la Halle Viaduc ?

Le Conseil Régional Occitanie a décidé de doter le territoire de « Maisons de la Région ». A Millau, et je suppose pour le Sud Aveyron, cette implantation avait été envisagée à la Halle Viaduc place de la Capelle.

La communauté de communes Millau Grands Causses qui gère ce bâtiment est revenue sur cette perspective, ce qui était son droit en l’absence de convention définitivement signée et validée par les assemblées délibérantes des deux parties.

Colère de la représentante de l’exécutif régional Mme Gazel qui regrette ce changement et se défend du soupçon que cette vitrine régionale pourrait être un instrument d’action politique dans la perspective de futures échéances électorales.

En fait ce débat peut se limiter à deux questions de principe, à savoir : pourquoi des Maisons de la Région et enfin quelle fonction donner à la Halle Viaduc ?

Des Maisons de la Région réparties sur le territoire de l’Occitanie pour quoi faire ? A un moment où l’Etat réclame, avec quelques raisons, de la part des collectivités territoriales des économies, notre région veut investir dans des bâtiments qu’elle souhaite bien placés en centre-ville, avec de larges vitrines pour valoriser ses actions et le faire savoir. Cela suppose des investissements d’autant plus importants que le choix du lieu conduit à des dépenses en travaux, en loyers et en équipements. A cela il faut ajouter le fonctionnement qui pour assurer une continuité dans le service impose la présence d’un minimum de deux à trois salariés. Si on multiplie cette opération par deux ou trois pour chaque département, la dépense sera très importante pour quel bénéfice ?

Cette ambition fait penser à ces autres Maisons de la Région Languedoc Roussillon voulues par le Président Georges Frèche dans un certain nombre de pays du monde à grand renfort de financements. J’ai le souvenir d’un article paru dans la presse nationale sous la signature d’un journaliste qui s’étant rendu en Chine avait poussé la porte d’une de ces représentations régionales, je crois à Shanghai, pour y rencontrer les employés en poste attendant avec patience et même philosophie orientale, la venue d’interlocuteurs locaux qui semblaient rares ! La mégalomanie est un travers assez courant chez les politiques, mais cela a un coût et pour y répondre, il n’y a que le contribuable.

Alors à un moment où nos activités de toutes natures et en particulier la communication, au sens premier du terme, avec les entreprises, les commerces et les administrations se fait par Internet, pourquoi recréer les guichets, que l’on supprime ailleurs, dans des structures permanentes avec des personnels salariés supplémentaires ? On peut parfois se plaindre de la trop grande importance que prend Internet dans nos relations personnelles ou professionnelles, mais il faut reconnaître qu’il y a en contrepartie des avantages touchant à la rapidité et à l’universalité.

La seconde question à se poser est celle relative à l’utilisation de la Halle Viaduc.

Manifestement ce bâtiment ne remplit pas et n’a jamais rempli la fonction pour laquelle il a été construit. Personnellement je m’étais opposé à ce concept qui consistait à créer un centre d’interprétation qui proposait aux touristes de découvrir le viaduc en sortant de l’autoroute dont il est l’ouvrage majeur pour descendre dans la vallée avant le péage de Saint Germain.

Cette formule ne pouvait attirer les utilisateurs de l’A75. J’avais indiqué qu’il était préférable d’avoir un lieu d’accueil à l’aire de Brocuéjouls avec les équipements créés par le Département et la société Eiffage estimant que c’était sur l’aire que l’on pouvait motiver les gens à venir dans la vallée où il existe des offices de tourisme capables de donner l’information utile et pratique. La halle a été construite.

Rapidement elle s’est donc révélée effectivement en décalage complet par rapport aux ambitions de ceux qui l’avaient voulue. Plus tard, après de lourds investissements décidés par la municipalité Durand elle a même servi un temps de lieu de formation pour les étudiants du M.E.S. Au cours de conversations avec différents élus locaux, j’ai proposé une utilisation pour ce bâtiment qui ne demanderait pas d’investissements supplémentaires importants à savoir un lieu destiné à recevoir des expositions temporaires. Les surfaces sont largement suffisantes et en tous les cas supérieures sur les deux niveaux à ce que peut offrir le Musée de Millau.

En outre beaucoup d’expositions demandent un complément d’information par film ou audiovisuel et la Halle dispose d’un amphithéâtre de 100 places qui conviendrait parfaitement et l’ensemble bénéficie enfin de la proximité immédiate du parking Capelle.

Nous pourrions alors prétendre organiser des expositions importantes, ce qui a été il y a quelques années le choix de Lodève avec pour résultat le passage dans la ville chaque année de 60 à 70 000 visiteurs.

Je souhaite que ces deux sujets nourrissent la réflexion de nos élus.

Me Jean-Louis Esperce