Le square André Malraux autrefois appelé « square de la gare » et plus anciennement « jardin des plantes » se situe à l’angle de l’avenue de la République et de l’avenue Pierre Sémard.

A l’origine, il se développait le long de l’avenue de la sous-préfecture jusqu’à la rue Montplaisir qui lui est parallèle, mais son terrain au cours du temps a été amputé de plusieurs parcelles.

Aujourd’hui, attenant à l’hôpital Sainte Anne, ce square couvre une superficie de 5600 m2. En 1860, le domaine de la Condamine, propriété de Dalaret-Solié, qui s’étendait du Crédit Agricole actuel, boulevard de la République, jusqu’à la rue Montplaisir fut acheté par la ville 20.585 francs. Celle-ci voulant créer en cet endroit un vaste jardin public.

Ce projet avait la faveur de toute la population et il faut reconnaître qu’il la méritait. Malheureusement, peu d’années après, les plans durent être modifiés : une partie du « pâtus » devant être utilisé pour réaliser de nouvelles constructions.

Tout d’abord la partie méridionale des terrains fut cédée au Département pour la construction de l’Hôtel de la sous-préfecture (1868-1869). Peu de temps après, une portion plus importante fut cédée à la Compagnie des Chemins de fer du Midi pour l’implantation de la ligne Millau Béziers qui fut inaugurée le 19 mai 1874.

L’essentiel de l’ancienne propriété sera finalement occupé par les installations ferroviaires et la gare, car il fallut percer l’avenue Pierre Sémard (ancienne avenue de la gare) le long du jardin actuel (1874).

Le terrain restant, un peu plus d’un hectare, fut aménagé, selon l’ordonnancement d’un jardin à la française. Il est ouvert à la population en 1876. Cet espace alors appelé « jardin des plantes » qui devait être un vaste lieu de détente, s’est transformé en simple lieu de « promenade publique ». Il forme un triangle entre l’avenue de la République, la station et la sous-préfecture.

La ville a pu compenser les pertes en créant, plus tard, le vaste Parc de la Victoire aux belles perspectives.

Le square de la Gare est cependant un charmant jardin public, avec deux pièces d’eau (fontaine et bassin alimentés par la source de la Mère de Dieu), et une aire de jeux rendant l’ensemble extrêmement gracieux et agréable.

Des deux côtés de la grande entrée (Avenue Pierre Sémard), se trouvent les œuvres sculpturales de deux enfants de Millau : l’Education morale, de Verdier, transféré de la place de la Fraternité (place de la Capelle), et le buste de Claude Peyrot, l’auteur des Georgiques patoises, œuvre de J. Malet, inaugurée en octobre 1909.

Malheureusement, le jardin ne devait pas rester sans transformation. En juin 1927, M. Paul, directeur général de la Compagnie des Chemins de fer du Midi, très attaché au développement de notre tourisme, voulut édifier à proximité de la gare un hôtel de grande classe. La ville lui concéda, le long de la voie ferrée, pour un bail de 99 ans, et le prix global de 30 000 francs, 600 m2 du square de la gare. Construit par l’entreprise Sérignac de Millau avec ses 50 ouvriers, il fut inauguré le 23 juin 1928 et n’eut qu’une existence éphémère servant d’hôpital militaire en 1939-40, puis de siège de la Kommandatur.

Une nouvelle fois, en 1963, le jardin fut amputé. La municipalité Dutheil voulant offrir un lieu de détente aux malades et convalescents décida d’implanter la clinique Sainte Anne qui devait séjourner là jusqu’en 1987, date de son transfert à l’hôpital du Puits-de-Calès.

Dans mon enfance, j’avais souvenir que deux cygnes majestueux séjournaient auprès de la fontaine. J’avais d’ailleurs pris comme habitude d’appeler ce square « Jardin des Cygnes ».
Renommé « Square André Malraux » en 1996, une aire de jeux pour enfant y a été installée près de la fontaine, ainsi qu’un pigeonnier à proximité du buste de Claude Peyrot au printemps 2010. Il permet la régularisation de la population des pigeons de la ville.

Marc Parguel