Millau : A qui appartient le quai Sully-Chaliès ?

Depuis plusieurs décennies, tous les maires et leurs adjoints à l’urbanisme se sont cassé les dents sur cette question.

En effet, les trois quarts de la surface allant de la place Bompaire jusqu’à la rue du Pont de Fer seraient « privés » ! Et ce, depuis l’époque où les mégissiers opéraient sur le quai.
Ainsi, le square Ramondenc, la cour de l’ancienne école Victor Hugo, tout le terre-plein, la partie pelouse et arborée, la contre-allée et les places de parkings devant les habitations, tout cela serait privé !

La réponse à cet imbroglio juridique peut être trouvée via la question : qui a payé jusqu’à ce jour les taxes foncières et autres sur ces terrains ?

Alors, si ces lieux relèvent du privé, alors nous pouvons nous demander pourquoi depuis plusieurs décennies les services de la mairie entretiennent ces espaces, l’éclairage, élaguent les arbres… Pourquoi alors, depuis tout ce temps, tous les Millavois payent à travers leurs impôts l’entretien du devant de porte privé d’une minorité de Millavois habitants le quai Sully-Chaliès ?

Si ces lieux relèvent du privé, pourquoi aujourd’hui une municipalité va investir plus de 3 millions d’euros sur ces terrains, sans garantie et contrepartie d’un droit de propriété alors que beaucoup de places ou rues du centre-ville de Millau qui, elles, sont réellement publiques et laissées à l’abandon !

Ainsi, dans la continuité de cette exploitation du flou juridique, les riverains des quais Sully-Chaliès (association) demandent d’avoir, sans contrepartie, outre le paiement par la Mairie de la rénovation de leur devant de porte, la privatisation et attribution pour leur usage strictement personnel d’un parking de 45 places actuellement public, gratuit et accessible à tous d’une valeur de plus de 300 000 € ! Cette demande est d’autant surprenante que la plupart de ces riverains ont déjà un garage dans leur maison.
Ainsi, sur le quai Sully-Chaliès, certains Millavois possédant un garage, un devant de porte privé sur lequel ils peuvent légitimement se garer demandent, en plus, à bénéficier d’un grand parking supplémentaire, exclusif, réservé, gratuit et refait en fonction de leurs souhaits avec des fonds publics !

Ces riverains se moquent des conséquences pour les autres habitants et Millavois qui ont payé ce parking public par les impôts locaux.

A l’opposé de cela, pour le « beau projet » d’aménagement des quais, plus de 150 places de parkings sont supprimées sans solutions de rechange, comme la création de nouveaux parkings faisant que dès à présent, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, les habitants du centre ancien ne trouvent plus de place bd Richard, rue Saint-Martin, bd de l’Ayrolle, place Bompaire !

Du jamais vu, et nous ne sommes pas le 6 mai, ni en saison touristique avec l’afflux de visiteurs, cela sera bientôt pire qu’à Paris centre !

C’est pourquoi, aujourd’hui, il est grand temps de savoir si les terrains du quai Sully-Chaliès sont publics ou privés et que la Ville s’attache, comme il se doit, à utiliser uniquement l’argent public pour des espaces publics. Ou bien, si elle le souhaite, acquérir les espaces privés en utilisant les procédures légales (expropriation, déclaration d’utilité publique) afin d’y engager des travaux d’aménagement pour l’ensemble des Millavois et visiteurs.

Concernant les 45 places de parking public, soit la Ville le maintient public et accessible à tous, soit, si elle décide de s’en défaire, qu’elle le fasse légalement en les vendant, en l’état, aux Millavois intéressés du centre-ville cherchant des parkings. Ainsi, l’impact de la suppression des zones de stationnement des quais sera atténué. Si elle décide de vendre les places du parking public, avec les fonds récoltés la commune de Millau pourra réinvestir dans la rénovation du centre ancien qui, lui, en a grandement besoin ! Dans ce cas, j’invite les Millavois intéressés à candidater pour l’achat de ces places de parking auprès de la mairie.

Ainsi, je demande qu’avant de s’engager dans des travaux de réfection d’espace pseudo privé, d’attribution arbitraire d’un parking public à des propriétaires privés, de suppression sans contrepartie de création d’aires de stationnement de proximité pour les habitants du centre ancien, la Mairie profite de son projet d’aménagement des quais pour régler une fois pour toutes cette question de propriété.

Robert Pouget Bloch